Lorsque vous ressentez une douleur, un éventail d’options s’offre à vous en termes de professionnel·les de santé qui peuvent vous aider: les chiropraticien·nes, les physiothérapeutes, les kinésiologues, les massothérapeutes ou encore les ostéopathes. Mais comment différencier? Bien qu’iels pratiquent tous·tes des thérapies manuelles visant à traiter la douleur, il n’est pas toujours évident de savoir quelle approche est la plus adaptée à vos besoins. Nous vous aidons à clarifier vos options!
Différences de formations professionnelles
Les kinésiologues, les chiropraticien·nes, les physiothérapeutes, les massothérapeutes et les ostéopathes nécessitent tous·tes une éducation post-secondaire. Cependant, la pratique de l’ostéopathie n’est pas réglementée, et comme il n’existe aucun programme universitaire en ostéopathie, les ostéopathes ne peuvent que faire leurs études dans les institutions privées. De plus, seuls les chiropraticien·nes, les massothérapeutes, et les physiothérapeutes font partie d’un ordre professionnel et adhèrent à certains standards de pratique, bien que les chiropraticien·nes soit les seuls devant obtenir un doctorat pour pratiquer leur métier.
Différences d’approches
Physiothérapeute
Vous serez souvent référé à un·e physiothérapeute par un·e médecin généraliste ou un·e spécialiste. Les physiothérapeutes adoptent une technique centrée sur la rééducation des systèmes du squelette et des tissus mous (muscles, tendons, ligaments) à travers le renforcement, la mobilisation passive ou encore les étirements. Iels traitent donc généralement les douleurs aiguës, les blessures, les accidents plus importants (de voiture, ou sportifs), ou encore les douleurs chroniques liées aux maladies neurologiques et rhumatismales (arthrite, arthrose etc.).
Au cours du traitement, les physiothérapeutes peuvent également vous référer à un·e massothérapeute pour mieux procéder à la rééducation, dans un cas de blessure, ou encore à un·e kinésiologue dans certains cas curatifs. Cependant, il n’est aucunement nécéssaire d’avoir une lettre de référence pour consulter un·e massothérapeute.
Certains physiothérapeutes sont aussi plus spécialisé·es, et traitent, par exemple, les douleurs urologiques, ou les blessures sportives.
Massothérapeute
De manière générale, les massothérapeutes traitent les douleurs simples, c’est-à-dire, les douleurs incomodantes mais supportables par les patient·es, ou encore ceux cherchant simplement la relaxation. Iels ont recours à différentes techniques de massage sur les tissus mous, ainsi que des mobilisations sur les articulations.
Chiropraticien·ne
Les chiropraticien·nes traitent les dysfonctions neuro-musculo-squelettiques, notamment les maux de dos, de bassin, de tête, de cou, les tendinites, les sciatiques, l’arthrose, et emploient une approche largement structurelle. Ceci inclut le réalignement du squelette grâce au craquement des articulations. Il est à noter que les chiropraticien·nes sont les seul·es professionnel·les pouvant travailler sur la colonne vertébrale en la faisant craquer. En effet, bien que l’ostéopathie soit similaire à la chiropractie, cette dernière est plus centrée sur le système nerveux et la colonne vertébrale.
Kinésiologue
Les kinésiologues peuvent traiter des blessures sportives ou autres, mais iels jouent également un rôle préventif. Par exemple, celui-ci/celle-ci aide les patient·es cherchant à se remettre en forme sans se blesser. Dans certains cas, un·e physiothérapeute peut référer ses patient·es à un·e kinésiologue, dans quel cas ce dernier/cette dernière aide à la récupération une fois la douleur aiguë initiale diminuée.
Note: Le métier de kinésithérapeute (par opposition au kinésiologue) existe au Québec, mais n’a pas d’équivalent en Colombie-Britannique. En effet, les aptitudes du/de la kinésithérapeute (telles qu’elles sont connues en France, par exemple), sont généralement prises en charge par les massothérapeutes.
Ostéopathe
L’ostéopathie met l’accent sur le bien-être général du patient, et considère le corps comme ensemble de systèmes et fonctionnalités interconnectés ; iel adopte donc une approche plus holistique. Les ostéopathes peuvent traiter les douleurs chroniques, et comme les chiropraticien·nes, peuvent réaligner le squelette. Cependant, iels ne font pas d’ajustements vertébraux, et utilisent une méthode fonctionelle plus douce, cherchant à faciliter le relâchement musculaire à travers des méthodes de respiration.
Note: L’ostéopathie non-médicale dont nous parlons est à différencier de l’ostéopathie pratiquée par les médecins-ostéopathes (Doctors of Osteopathic Medecine) formé·es aux États-Unis pouvant également pratiquer au Canada. Il est aussi important de savoir que bien que l’ostéopathie puisse avoir des résultats positifs sur plusieurs personnes, celle-ci est reconnue comme étant pseudo-scientifique.
Veuillez noter que ces rôles diffèrent à travers chaque pays, et même entre provinces. Les explications offertes dans cet article ne sont valides qu’en Colombie-Britannique.
Autre professions de thérapies manuelles:
Ergothérapeute
L’ergothérapeute est un·e professionnel·e de santé qui aide les personnes à être le plus indépendant et autonome possible dans leurs activités du quotidien (s’habiller, cuisiner, travailler, aller à l’école) en tenant compte de leurs capacités (physiques, mentales, psychologiques, cognitives) et de leurs limites. Iel évalue les capacités d’une personne et adapte ses activités quotidiennes ou son environnement pour lui permettre de vivre une vie de qualité.
Orthopédiste
L’orthopédiste est un·e médecin qui se spécialise dans le système musculo-squelettique et qui offre des soins médicaux et chirurgicaux pour traiter les maladies des os, des articulations, des ligaments, des muscles, des tendons et des nerfs. Iel traite par exemple les problèmes de dos (ex.: scoliose, lordose), les malformations congénitales ainsi que les blessures causées par des accidents ou des blessures sportives (ex.: fractures traumatiques, fractures de stress, fracture du poignet, de la cheville, de la clavicule, du tibia/péroné, etc.).
Couverture des soins
La plupart des thérapies manuelles ne tombent pas sous la couverture du MSP, avec certaines exceptions. Vos visites chez l’ostéopathe ou le/la kinésiologue ne sont pas couvertes, par exemple. La massothérapie, la physiothérapie, et la chiropractie ne sont pas remboursées dans la plupart des cas. Cependant, ceux/celles détenant le statut nécéssaire (le Supplementary benefits status) bénéficient d’une couverture additionnelle de ces soins, dans quel cas le MSP contribue 23$ par visite, avec un maximum de 10 visites annuelles. Pour déterminer votre éligibilité vous pouvez consulter le site du gouvernement provincial.
Dans les cas où le MSP n’est pas en mesure de couvrir certaines thérapies manuelles, il est possible de bénéficier d’assurances complémentaires qui offrent des enveloppes remboursant ces thérapies.
Bien qu’il existe plusieurs différences entre ces professions, leurs compétences sont en grande partie complémentaires, et leurs champs de compétences peuvent être similaires. Il n’existe pas de solution unique ou universelle, et l’efficacité d’une approche dépend de l’individu, de ses habitudes de vie, de son corps, et de ses préférences. Si vous êtes en mesure de le faire, il est donc préférable de consulter un·e médecin généraliste qui peut mieux vous aiguiller dans le processus.
Balados
Dans le cadre de notre Ma santé en français, nous nous sommes entretenu avec Patricia Ropert, ostéopathe en Colombie-Britannique, pour mieux comprendre la profession et ses avantages et avec Damien Dubouchet, physiothérapeute et ostéopathe dans la région de Vancouver qui nous parle des bienfaits physiques et mentaux de l’exercice, et des saines habitudes de mobilité.
À (ré)écouter ci-dessous.