La crise des drogues toxiques demeure un enjeu majeur de santé publique au Canada et en Colombie-Britannique. Les données récentes montrent toutefois une évolution encourageante. En 2025, 5 608 décès liés aux opioïdes ont été recensés au Canada, soit une baisse de 23 % par rapport à 2024. En Colombie-Britannique, 1 826 personnes sont décédées en raison de la toxicité des drogues non réglementées, une diminution de 21 % par rapport à l’année précédente.
Malgré ces baisses, la situation reste préoccupante. La Colombie-Britannique a déclaré une urgence de santé publique en avril 2016, soit plus de 10 ans… et celle-ci est toujours en vigueur. La prévention des surdoses et l’accès rapide à des interventions permettant de sauver des vies demeurent donc essentiels.
Parmi ces interventions, la naloxone joue un rôle particulièrement important. Ce médicament peut renverser temporairement les effets d’une surdose d’opioïdes et permettre à une personne de recommencer à respirer en attendant l’arrivée des secours.
Reconnaître les signes d’une surdose
Une surdose d’opioïdes peut entraîner un ralentissement important de la respiration et, sans intervention rapide, être mortelle. Il est donc important de savoir reconnaître les principaux signes.
Selon Santé Canada, une personne peut notamment présenter:
- Une respiration lente, faible ou inexistante.
- Une difficulté à rester éveillée, à parler ou à marcher.
- Une incapacité à se réveiller, même lorsqu’on lui parle ou qu’on la secoue.
- Des pupilles très petites.
- Des lèvres ou des ongles bleus, violets ou gris.
- Une peau froide et moite.
- Une somnolence extrême, des étourdissements ou de la confusion.
- Des bruits inhabituels, comme des gargouillements, des ronflements ou des bruits de suffocation.
En cas de doute, il vaut mieux agir rapidement. La naloxone peut être administrée lorsqu’une surdose d’opioïdes est soupçonnée et ne présente pas de danger pour une personne qui n’aurait finalement pas consommé d’opioïdes.
Que faire en cas de surdose?
Si vous pensez qu’une personne fait une surdose:
- Appelez immédiatement le 9-1-1.
- Administrez de la naloxone, si vous en avez.
- Restez auprès de la personne et surveillez sa respiration.
- Si la personne ne réagit pas ou si sa respiration ne s’améliore pas, une nouvelle dose de naloxone peut être nécessaire.
La naloxone agit pendant une période limitée et ses effets peuvent s’estomper avant ceux de certains opioïdes. Il est donc essentiel de rester avec la personne et d’attendre l’arrivée des secours, même si elle semble aller mieux après l’administration du médicament.
La naloxone maintenant disponible en vaporisateur nasal
Traditionnellement offerte sous forme injectable, la naloxone est désormais aussi disponible en vaporisateur nasal. Cette option peut faciliter son administration, notamment pour les personnes qui ne sont pas à l’aise avec les injections.
Le vaporisateur s’utilise directement dans une narine: il suffit de placer l’embout dans la narine et d’appuyer sur le piston pour administrer la dose.
En Colombie-Britannique, les formulations nasale et injectable font désormais partie du programme provincial de naloxone à emporter. En 2026, la province a annoncé un investissement de 50 millions de dollars pour élargir l’accès à la naloxone nasale.
La naloxone est gratuite et accessible sans ordonnance en Colombie-Britannique. Elle est offerte dans de nombreux points de distribution, notamment certaines pharmacies et des sites de réduction des méfaits.
Pour savoir où obtenir une trousse ou pour apprendre à utiliser la naloxone, consultez Toward the Heart, le programme provincial de distribution de naloxone. Vous pouvez également utiliser leur localisateur de sites pour trouver un point de distribution.
Le fentanyl et les drogues non réglementées
Le fentanyl demeure largement présent dans les drogues non réglementées en Colombie-Britannique. Comme leur composition et leur puissance peuvent varier considérablement, une personne peut être exposée à un opioïde puissant sans le savoir.
Il est donc important de connaître les risques associés aux substances provenant de sources non réglementées et de prendre, lorsque c’est possible, des mesures pour réduire les risques.
Une idée reçue persiste toutefois concernant le fentanyl: le simple fait de toucher ou de respirer accidentellement cette substance ne provoque pas une surdose. Le risque de surdose est principalement lié à l’absorption de la substance dans l’organisme.
Réduire les risques
Certaines précautions peuvent contribuer à réduire les risques de surdose. La première est d’éviter de consommer seul. Si une personne fait une surdose alors qu’elle est seule, personne ne pourra nécessairement appeler les secours ou lui administrer de la naloxone.
Il est également recommandé d’avoir une trousse de naloxone facilement accessible, d’éviter de mélanger plusieurs substances, notamment avec de l’alcool, et de connaître les signes d’une surdose.
Lorsque ces services sont disponibles, les services de vérification des drogues ainsi que les sites de prévention des surdoses et de consommation supervisée peuvent également contribuer à réduire les risques.
Pour en savoir plus sur les ressources et les mesures mises en place en Colombie-Britannique, consultez le site du gouvernement de la Colombie-Britannique consacré à la crise des drogues toxiques.
La naloxone ne remplace pas l’accès aux soins
La naloxone permet de gagner un temps précieux et de sauver des vies, mais elle ne suffit pas à elle seule à répondre à la crise des drogues toxiques.
La prévention repose également sur l’accès à des soins adaptés, aux traitements liés à l’usage de substances, aux services de santé mentale et aux services sociaux. Les mesures de réduction des méfaits jouent elles aussi un rôle important en permettant d’intervenir avant qu’une situation ne devienne mortelle.
Au-delà de la prévention, il est donc essentiel de favoriser un accès simple et sans jugement aux ressources dont les personnes ont besoin.
En cas de surdose, chaque minute compte: appelez le 9-1-1 et administrez de la naloxone si vous en avez.