vincent_menendez_photo novembre 17, 2017

La reconnaissance d’une formation d’ergothérapeute en C.-B.

Ergothérapeute de formation, Vincent Menendez est arrivé en Colombie-Britannique (C.-B.) en mars 2015. Diplômé en Belgique et ayant pratiqué son métier en France, il doit toutefois passer une série d’examens afin d’exercer son métier en C.-B. RésoSanté l’a rencontré pour parler des étapes de la reconnaissance de sa formation.

RésoSanté : Bonjour Vincent! D’abord, dis-nous où tu as été formé.

J’ai fait mes études à Bruxelles en Belgique, plus précisément à la Haute École Libre de Bruxelles Ilya Prigogine (HELB).

Les démarches pour prouver l’équivalence de ta formation en Europe sont un chemin parsemé d’obstacles. Quels sont organismes ou les institutions auprès desquels tu dois faire reconnaitre ton diplôme?

Il y a l’ACORE, c’est-à-dire l’Association canadienne des organismes de réglementation en ergothérapie (ACOTRO en anglais), dont les demandes de documents sont les plus pointues.

Cette association est votre porte d’entrée par laquelle vous passez les étapes préalables pour l’inscription à l’Examen national d’attestation en ergothérapie (ENAE, ou NOTCE en anglais). Ces étapes durent plus ou moins un an, et elles sont regroupées dans un processus appelé le SEES, à savoir le Système d’évaluation de l’équivalence substantielle (SEAS en anglais).

Une fois ces étapes validées, vous devez vous inscrire auprès du Collège d’ergothérapie de la province pour pouvoir exercer. Ici, c’est le College of Occupational Therapy of British Columbia (COT-BC). Il faut également s’enregistrer auprès de l’Association canadienne des ergothérapeutes (ACE, ou CAOT en anglais pour Canadian association of Occupational Therapy). Cette association est bien utile tout au long du processus de reconnaissance. Elle offre de l’aide, des informations, des tutoriels et des nouvelles sur la profession.

Enfin, il vous faudra une assurance professionnelle pour exercer.

Étapes du processus du SEES

RésoSanté : Peux-tu nous décrire en détail les grandes étapes du processus?

Mon premier conseil : contactez rapidement votre institution de formation. Elle doit envoyer directement à l’ACORE un relevé complet de vos notes, cours et programmes. L’institution de formation peut prendre beaucoup de temps pour transmettre ces informations et vous faire perdre un temps précieux.

Comme vous avez un an pour boucler le processus du SEES de l’ACORE une fois que vous y êtes inscrit, vous voulez que les documents arrivent rapidement. Dans mon cas, la HELB a pris cinq mois à traiter ma demande.

Voici les étapes détaillées que Vincent a partagées à RésoSanté.

Lancement du processus du SEES

Une fois que les informations de votre institution de formation prêtes à être envoyées, contactez l’ACORE pour lancer le processus du SEES. Pour ma part, j’ai commencé le processus en janvier 2016.

Les trois grandes étapes du SEES

1L’évaluation des diplômes et des titres de compétence associés à la profession. C’est la comparaison des curriculums entre les cours canadiens et ceux que vous aurez suivis dans le pays de votre formation. Ce sont environ 400 pages à convertir, cours par cours. Ne la négligez pas, elle vous rapportera des points précieux.
2L’examen des connaissances sur la jurisprudence, en français ou en anglais. Il se fait en ligne à la maison, coûte 42 $ et prend deux heures. Vous avez droit à deux tentatives. Le tutoriel, qui est très bien fait, est disponible sur le site du SEES.
3L’examen des compétences. Il s’agit d’un entretien de six heures en tête-à-tête avec un évaluateur de l’ACORE.

Cet examen est divisé en trois parties :

Présentation sommaire de votre parcours et expérience (20 à 30 minutes)
Mises en situation dans des contextes spécifiques de travail (2 h à 2 h 30)
Deux analyses de cas à adapter au système canadien (3 h), pour lesquelles vous pouvez choisir la langue (français ou anglais)

Cet examen vous coûtera 1800 $.

Le résultat final du processus du SEES représente une moyenne des résultats des trois étapes. Si vous performez moins bien pour l’une d’entre elles, les résultats plus forts des autres étapes équilibreront le résultat final. Les seuils sont néanmoins élevés : préparez-vous bien!

L’Examen national d’attestation en ergothérapie (ENAE)

L’ENAE est votre but ultime, puisque la réussite de cet examen permet à tout ergothérapeute formé à l’étranger d’enfin pratiquer au Canada. Cet examen ne peut être passé qu’à deux dates durant l’année, qui sont généralement en juillet et en novembre. Il coûte un peu plus de 550 $, et vous avez droit à trois tentatives.

Quand on pense que j’ai commencé le processus en janvier 2016 et que j’ai pu enfin faire l’ENAE en juillet 2017, c’est évident que le processus demande beaucoup de temps.

L’inscription au COT-BC

Une fois l’examen passé, vous devez vous inscrire auprès du College of Occupational Therapy of British Columbia (COT-BC). Il faut également s’enregistrer auprès de l’Association canadienne des ergothérapeutes (ACE).

Le test de langue

Si vous exercez en Colombie-Britannique, un test d’aptitudes en anglais est obligatoire (TOEFL ou autre, valide auprès du COT-BC) avant de pouvoir exercer. Un casier judiciaire canadien est également requis.


Informations complémentaires :


vincent_menendez_photo2

La documentation nécessaire

RésoSanté : Quels sont les documents nécessaires pour vous présenter à l’ENAE?

L’ACORE s’en étant chargé pour vous au préalable, les documents suivis sont requis pour passer l’ENAE :

  • Le document de confirmation de validation de votre processus du SEES
  • Une carte d’identité
  • Un permis de séjour valide qui couvre la période du processus du SEES et de l’ENAE, en plus de la période de pratique après la reconnaissance de votre formation

RésoSanté : Selon vous, quel est le temps qu’il faut compter pour pouvoir exercer en C.-B.?

À vue de nez, au minimum deux ans si vous êtes assidu.

RésoSanté : Quel est le coût total d’un tel processus?

Comptez au minimum 6000 $ pour le processus actuel.

RésoSanté : Quel conseil donnes-tu aux ergothérapeutes formés à l’étranger qui souhaitent pratiquer en Colombie-Britannique?

N’hésitez pas à faire un maximum de formations avant de partir de France. Sachez aussi négocier avec vos futurs employeurs. Vos compétences en positionnement ergonomique sont un atout précieux à faire valoir.

Finalement, restez humbles. Les compétences de ces employeurs quant au matériel utilisé en Amérique du nord sont élevées, et les ergothérapeutes formés à l’étranger n’ont pas l’habitude de travailler avec les mêmes produits. Il faut s’adapter.


À lire aussi : Équivalence de diplôme pour les infirmiers étrangers